Portrait d’un maire «bouillonnant»
Par la rédaction le mardi 22 janvier 2008, 08:09 - Dans la commune également - Lien permanent
Article des DNA du 22 janvier 2008 :
Après 31 ans à la tête de la mairie de Bergbieten, Jean-Claude Schmitt tire sa révérence avec «nostalgie». Il entend désormais se consacrer pleinement à son entreprise et à ses nouveaux projets.
«Ma décision
est prise, bien prise.» Cette fois, c’est décidé, Jean-Claude Schmitt ne
sollicitera pas un nouveau mandat de maire de Bergbieten. Une décision
difficile à prendre, mais mûrement réfléchie. «Je vais me reposer un peu, me
consacrer à mon entreprise et ma famille.»
Depuis 1977, cet homme «du cru» dirige la commune qui l’a vu naître, une véritable «affaire de famille». «Mon père a été conseiller municipal pendant 24 ans. Il s’est retiré lors de mon élection, mais il est resté très actif dans la vie associative locale.» Ce père lui a servi de modèle, et l’a «un peu guidé politiquement» reconnaît-il maintenant.
« Il n’y avait pas un "rond" pour investir»
L’attachement de Jean-Claude Schmitt à Bergbieten est très fort. La commune compte 600 habitants aujourd’hui, ils n’étaient que 265 lors de sa prise de fonctions. Ses mandats successifs retracent l’aventure de toute une vie. Les débuts ont parfois été laborieux: «Quand je suis arrivé, je me suis dit un instant: qu’est-ce que je fous ici, je ne peux rien faire? Il n’y avait pas un "rond" pour investir. Tout le budget passait dans le fonctionnement. On a dû effectuer des coupes serrées.»
Celui qui est alors un jeune élu va avoir deux idées qui inspireront ses collègues. Il décide que les élus ne percevront qu’une seule indemnité qu’ils se partageront et le poste de secrétariat sera réduit. «En dehors de mon premier mandat, les impôts n’ont pas augmenté depuis 24 ans», proclame celui qui se décrit « à droite mais pas ultra-libéral et indépendant de tout parti politique.»
La chasse aux gaspillages, Jean-Claude Schmitt connaît bien. Cet homme de 61 ans, en plus d’être maire, est aussi chef d’une entreprise qui porte son nom et qu’il a fondée il y a 25 ans. «Il a fallu s’adapter rapidement, sauter d’un dossier à l’autre.» Spécialisée dans l’immobilier d’entreprise, elle est composée de 15 salariés, pour un chiffre d’affaire de 15 millions d’euros. C’est peut-être sa plus grande fierté: «Je suis parti de zéro. Enfin si, j’avais une machine à écrire. C’était une prise de risques. Je suis très content que mes enfants prennent la relève.» Père d’une fille et d’un garçon âgés d’une trentaine d’années, tous deux sont directeurs généraux de la société. « C’est bien comme ça. Nous sommes une structure familiale. Tout le monde se tutoie, les salariés prennent soin de moi.»
Heureux en affaire donc, il a pourtant débuté comme simple salarié de la Société Alsacienne de supermarchés après des études de droit et des premiers pas dans le notariat. Il révèle une anecdote: «J’avais lu un horoscope qui disait qu’à 40 ans je me dirigerais vers la politique ou le business. Je suis allé vers le business.»
«Un petit pincement au cœur»
Le personnage aux yeux bleus malicieux ne tient pas en place une seconde. «J’ai 36000 idées. Je suis un bouillonnant, faut que ça bouge, que je crée, je ne peux pas rester assis une minute» confirme l’intéressé.
Passionné de sport -il est toujours président du Football-club de Bergbieten. Jean-Claude Schmitt va pouvoir enfin profiter des loisirs et voyager «en Asie». « La politique et la vie de famille ne font pas bon ménage. C’est très dur pour une épouse, on est jamais à la maison, tous les soirs vous avez une réunion.»
Président des maires ruraux du Bas-Rhin depuis 2001, il entend suivre de près sa succession. Une «relève» qu’il a préparée et qu’il va accompagner puisqu’il parraine une liste. A l’heure de son départ, il admet tout de même ressentir «un petit pincement au cœur. Je ne pensais pas. C’est de la nostalgie, on efface pas 31 ans comme ça.» En attendant, «l’hyperactif» travaille sur la création... d’une nouvelle entreprise.
Romain Chemoul - DNA du 22 janvier 2008
